Newsletter – Mai – Juin 2021

Mar 24, 2021 | Actu, News letter | 0 commentaires

月刊 BJ レター N°5

Directeur de la publication : Clément LE NY,  Président de l’Association Bretagne – Japon
Rédaction : Bernard BECHON
Relecture : Francia, Jean Pierre, Michel, Hélène, Simon, Clément, Jean Félix, Énora, Tchié
Ont collaboré à ce numéro : Tchié SATO, Hélène BOTTEQUIN, Gaëlle ANDRÉ, Énora SOULOUMIAC, Simon TRICHA, Jean Félix BLANDEL, Philippe ROBERT, Anne-Laurence BERTHIÉ, Hélène (Rennes – Sendaï)

Bretagne-Japon en danger : arrêt des activités en juin 2022 ?

 /ブルターニュジャポン存続の危機

Depuis déjà 3 ans, nous alertons sur la nécessité d’avoir de nouveaux bénévoles pour renouveler le conseil d’administration et le bureau. Le manque de personnes pour gérer l’association au quotidien est maintenant critique. Dans l’état actuel, les activités de l’association s’arrêteront en juin 2022.
Afin d’éviter la mort de l’association, il est impératif que de nouveaux membres s’investissent dans la vie de l’association. Il nous faudrait un minimum de 3 nouvelles personnes pour s’occuper des activités de gestion de la trésorerie, des ressources humaines, de l’organisation des cours et ateliers, de l’administration technique … Cela laisse un an pour que de nouveaux membres montent en compétences sur les sujets, notamment en participant à la rentrée d’octobre 2021.
Il est possible de réaliser de beaux projets avec l’association, mais pour cela, il est indispensable d’avoir une base de bénévoles solide organisant les activités. Notre page Web dédiée aux bénévoles présente trois fiches décrivant les postes recherchés.

 La suite de l’histoire de l’association Bretagne-Japon est entre vos mains.

Au 1er juin 2021, nous avons 4 personnes qui souhaite aider l’association. La reprise est donc en bonne voie 🙂

Culture et société au Japon / 日本の文化と社会

Le Japon peut-il se défendre avec son armée ?

En un peu plus de 4 minutes, cette vidéo illustre les changements majeurs intervenus depuis la fin de la seconde guerre mondiale en matière de défense.
Avec un budget désormais plus élevé que celui de l’armée française, elle compte 250 000 hommes. C’est une armée ultra moderne, très bien équipée et de moins en moins défensive.
Pour visionner la vidéo c’est ici.

Un ministère de la solitude au Japon

L’épidémie de Covid ayant inversé la tendance constatée ces dernières années concernant le taux de suicides (notamment chez les femmes) et une forte augmentation du chômage, le gouvernement nippon vient de créer un ministère dédié à la lutte contre la solitude et l’isolement.

Le cha-kaiseki, le repas précédant la cérémonie du thé

Vous connaissez sans aucun doute la cérémonie du thé. Toutefois, savez-vous qu’un repas est/était servi aux hôtes avant de procéder à la cérémonie elle-même ? Ce repas est le cha-kaiseki qui lui aussi s’appuie sur des rituels très spécifiques.
Ce n’est pas qu’une simple dégustation : il s’agit aussi d’ouvrir son cœur pour sentir, grâce au choix des objets et l’aménagement de la pièce, la beauté et le passage des saisons. En effet, l’hôte apporte autant de soin à la préparation des plats qu’à leur présentation (vaisselles,…).

Les composants d’un cha-kaiseki suivent les règles du ichijū sansai «une soupe, trois plats d’accompagnement», et le riz, avec en accompagnement : suimono, hassun, yutō, et kōnomono.
Pour en apprendre plus :
– L’univers de la cuisine cha-kaiseki à travers des yeux français ici (30 mn).
– Toutes les informations sur le cha-kaiseki sont ici.

Ôtsu-e « images d’Ôtsu »

Si en Occident, on connait les estampes (ukiyo-e), on connaît beaucoup moins les Ôtsu-e qui leur sont pourtant contemporaines.
Les Ôtsu-e ou « images d’Ôtsu », contrairement aux ukiyo-e (réalisées à partir de gravures sur bois) sont des peintures exécutées au pochoir, qui connurent une grande popularité tout au long de l’époque d’Edo, du début du XVIIe au milieu du XIXe siècle. Elles étaient vendues aux voyageurs et aux pèlerins qui empruntaient la route du Tôkaidô reliant Kyoto à Edo (aujourd’hui Tokyo), et dont la ville d’Ôtsu en est le premier relais. Les thèmes de ces peintures furent d’abord religieux, avant d’évoluer vers des contenus satiriques ou moraux.
De nombreux artistes du XIXe siècle, en particulier de l’école ukiyo-e, comme Kuniyoshi ou Kawanabe Kyôsai, furent fascinés par cette imagerie et s’en inspirèrent.
Plus d’info ici et ici.

Le musée du kanji à Kyoto

Nous poursuivons nos coups de projecteurs sur les musées insolites. Ouvert en 2016, ce musée dédié aux kanji a pour ambition de faire mieux connaître la culture des kanji à travers le monde.

Le musée se veut pédagogique et permet d’apprendre tout en s’amusant la structure ou les spécificités des idéogrammes.
En pénétrant dans le bâtiment, impossible de rater « la tour des 50 000 kanji », un grand pilier de 7,8 mètres gravé d’idéogrammes. Ici sont inscrits absolument tous les kanji répertoriés dans le dictionnaire considéré comme le plus grand au monde : Dai Kan-Wa jiten. Ensuite, on découvre l’histoire des idéogrammes chinois, l’évolution des matériaux et des outils d’écriture des idéogrammes, on participe à une initiation aux méthodes primitives d’écriture…
Lors de ma visite, les explications étaient uniquement en langue japonaise, et j’ai pu compter sur l’extrême attention et la gentillesse du personnel du musée (on est au Japon !) pour me guider.
Le site est malheureusement en langue japonaise et peut être consulté ici.
Quelques infos en anglais (plan du musée, horaires, accès) ici.

La culture japonaise rencontre la culture française /日本文化とフランス文化の出会い

Inattendu ! « Le temps des cerises » dans Porco Rosso

S’il est une chanson qui est fortement liée à « La Commune de Paris », dont on commémore actuellement le 150ème anniversaire, c’est bien « Le temps des cerises ». Quoi de plus étonnant que de découvrir cette mélodie dans l’anime « Porco Rosso » de Hayao Miyazaki. Le héros écoute Gina, la femme qu’il aime, interpréter « Le temps des cerises » « Sakuranbo no Minoru Koro » dans un cabaret pour aviateurs vétérans de la guerre de 1914-1918. 

Elle est chantée par la chanteuse japonaise Katô Tokiko qui double le personnage de Gina, l’hôtesse de Porco Rosso.
À écouter ici en japonais, les paroles (en japonais) sont ici (dans le descriptif de la vidéo, faire plus).

Quoi de neuf ? 最新情報

Au Japon 日本のニュース

Le plus beau jardin du Japon : Jardin du musée d’art moderne d’Adachi

Sélectionné parmi 1 000 jardins japonais, les 30 experts internationaux de la revue spécialisée « Journal of Japanese Gardening » ont, une nouvelle fois, et ce sans discontinuité depuis 2002, décerné le 1er prix au jardin du musée d’art d’Adachi. Le jardin du musée d’art moderne d’Adachi est composé de quatre espaces distincts : le jardin paysager sec, le jardin de gravier blanc et de pins, le jardin des mousses et le jardin d’étang. 

Le jardin s’observe uniquement de l’intérieur du musée, par l’intermédiaire de nombreuses baies vitrées, qui encadrent, à l’image d’une œuvre artistique, certaines scènes du paysage.
Toutes les infos sur le jardin sont ici.
La liste des 50 plus beaux jardins du Japon est à consulter ici.

Sanja Matsuri 三社祭

Festival le plus populaire de Tokyo (quartier d’Asakusa), le Sanja Matsuri se déroule tous les troisièmes week-ends de mai.
Les principales attractions du festival sont les mikoshi qui apparaissent le troisième et le dernier jour du festival. Ces trois autels de bois peint en vernis noir, ont été construits pour imiter les versions du temple d’Asakusa.

Chaque mikoshi est décoré avec des sculptures et des feuilles d’or ; un mikoshi pèse approximativement une tonne et nécessite pas moins de 40 personnes pour le porter.
Ce rassemblement monumental permet également de côtoyer des franges de la population avec lesquelles la distance est plutôt de rigueur le reste de l’année, comme les yakuzas. Ceux-ci s’exhibent ainsi en fundoshi (sous-vêtements de sumo), sans pudeur ni menace, dans leur plus simple appareil afin de montrer fièrement leurs nombreux tatouages, qui souvent font figure de vêtements, apposés pour toujours sur leur peau. Outre les démonstrations, Sanja Matsuri met en scène de nombreux artisans ou artistes en représentation pour l’occasion, notamment des acteurs déguisés en grues.
En savoir un peu plus, ici

À Rennes et dans les environs/レンヌの最新情報

«Le Kamishibaï : bd animée ou ciné dessiné, un art populaire qui dévoile les ruses des images et des écrans!»

Notre ami, Philippe a plus d’une corde à son arc. Animateur dévoué du club de conversation, il est comédien-metteur en scène et dessinateur pour un art populaire venu du plus profond de la culture du Japon et ancêtre du manga : le kamishibaï !
« Pour raconter ses histoires, le conteur ouvre un castelet, d’où il retire un à un des dessins; c’est le kami-shibaï (papier-芝居pièce de théâtre), … ». La suite est à lire dans le focus en fin de newsletter.

Philippe a su transposer le kamishibaï dans de multiples univers : contes japonais (cela va de soi), africains, chinois, européens, mariant toujours la musique (le jazz notamment) à ses multiples créations.
Dans son agenda rennais, il faut noter sa présence au prochain Festival Africain TOUT À COUP de la Cie Kouliballets qui devrait se dérouler en juin 2021.
Vous pouvez visiter le site de Philippe où il nous fait découvrir ses créations, son agenda,… »
Cet été, Philippe vous propose d’organiser une représentation dans votre jardin ou votre salon.
Contact : philipperobert963@gmail.com

Le jardin de Haute Bretagne est désormais ouvert au public

Nouvelle saison pour le parc de Haute Bretagne situé près de Fougères dans le parc du Château de la Foltière en la commune du Chatellier.
On y (re)découvrira les superbes jardins « d’inspiration » japonaise.
Les visites sont bien évidemment soumises aux contraintes actuelles de respect des règles de sécurité sanitaire.
Toutes les informations (accès, horaires, tarifs,…) sont ici.
Visite guidée par le propriétaire des lieux ici.

En France フランスニュース

Annulation de Japan Expo 2021 et report en 2022

Pour la 2ème année consécutive, Japan Expo est annulée en raison de la situation sanitaire.
Donc rendez-vous à l’été 2022.
Plus d’info : ici.

Le premier Japon de … Gaëlle / 日本との出会…ガエル

Mon premier Japon remonte à très loin… En effet, dès l’enfance, j’ai baigné dans un environnement « kanji ». Du plus loin que je m’en souvienne, des kakémonos, des aquarelles accompagnées de citations en langue japonaise ainsi que des tableaux brodés au point de croix par ma mère décoraient les murs de la maison familiale. De ces éléments-là, il me semble aujourd’hui reconnaître, les kanji de la lune, de la famille et de l’amour.
Ce monde mystérieux de signes, qui, à cette époque, n’avaient pour moi qu’une valeur esthétique, me fascinait.
À l’adolescence, je me suis passionnée pour des alphabets différents du nôtre dont les hiragana qui pour moi dégageaient une beauté étrange. De l’esthétique des mystérieux hiragana, il n’y avait qu’un pas à franchir pour se frotter à la langue et à la culture japonaises.
C’est en me penchant sur la langue elle-même, que j’ai découvert toute la culture du pays. Certes j’avais lu quelques mangas mais je n’avais pas forcément fait le lien avec le Japon. Et puis ce fut le choc : la découverte des Miyazaki ! J’ai adoré la magie qui en ressortait, la scénographie et notamment les musiques. Quand j’ai entendu la musique « Teru no uta » en VO j’ai trouvé les sonorités de la langue tellement belles. Ma décision était prise : un jour je saurai parler japonais.

Gastronomie / グルメ

Vous connaissez le « nattô » ?

Avec la sauce soja et le miso, le nattô fait partie des aliments fermentés classiques de la cuisine japonaise. Il est fabriqué à partir de graines de soja cuit à la vapeur et fermenté avec du nattôkin, une variante de la bactérie Bacillus subtilis.
Le nattô se reconnaît entre mille, tant par son aspect visqueux que par son odeur caractéristique. Si le nattô en rebute plus d’un, les spécialistes, eux, sont unanimes, et vantent ses mille et un bienfaits pour la santé.

Issu d’une histoire plusieurs fois centenaires, le nattô est devenu une véritable institution nationale et fait littéralement partie de la vie quotidienne des Japonais. Il s’en consomme de très grandes quantités et on estime qu’en 2019, les Japonais ont dépensé un montant record de 250 milliards de yens en nattô, soit plus de 4 200 yens par ménage (33€)
Toutes les informations sur le « natto », et notamment les différentes manières de le déguster, sont à lire ici.

Livrets de recettes

Notre partenaire « Le piment rouge » nous propose une série de livrets (d’une dizaine de pages environ chacun) de recettes thématiques diffusés par l’un de ses fournisseurs de produits japonais « Foodex ». On y trouve une liste de recettes, les différents ingrédients nécessaires à la préparation, ainsi que les coûts approximatifs.

Au menu : ramen, curry, cocktail, bento, donburi, desserts, boissons, l’apéritif.

Les livrets sont à consulter ici.

Le Japon et l’environnement par Énora / 日本と環境 byエノラ

Comment la commune de Kamikatsu réduit ses déchets ?

Au Japon, la commune de Kamikatsu qui est située dans la préfecture de Tokushima à l’est de Shikoku est principalement connue pour son système de tri des déchets. En effet, en 2003 le village de Kamikatsu se rend compte du danger du monoxyde de carbone associé à la combustion des ordures. C’est pourquoi il  décide de créer la Zero Waste Academy, un ensemble de mesures destiné à réduire le volume de déchets et à privilégier le recyclage. 

Logo de la commune de Kamikatsu

 En 2018, le taux de recyclage des déchets passe de 20% à 80%. 

Cela est dû notamment aux villageois qui chaque matin viennent trier leurs déchets dans un hangar. Mais aussi grâce aux employés qui aident à vérifier que les détritus ont bien été lavés, triés et répartis dans les 45 catégories différentes. Enfin, une fois les déchets dans leur catégorie, ils sont revendus à une société spécialisée.

Les bénéfices de cette initiative ne sont pas seulement écologiques. Ainsi depuis 2003 les impôts payés par les habitants sont trois fois moins élevés qu’aupavant. De plus, cela a créé un lien de solidarité entre les villageois.

Mais cela ne s’arrête pas là,  une boutique d’occasion permet aussi de déposer des objets inutilisés et d’en repartir si besoin avec d’autres gratuitement. De même, un centre artisanal propose par ailleurs d’offrir une seconde vie aux objets du quotidien avant de les vendre. Il y a aussi depuis 2016, un système d’accréditation des restaurants et des bars qui certifient ceux qui respectent les normes environnementales. Des ateliers sont même organisés dans les écoles primaires pour sensibiliser les plus jeunes et leur apprendre à trier et réutiliser les déchets. Si le recyclage représente encore une corvée pour certains, il est considéré à Kamikatsu comme un véritable art de vivre à transmettre aux générations futures.

Shinrin Yoku  森林浴

Le Shinrin Yoku est une thérapie naturelle apparue au Japon en 1980. Ce terme signifie littéralement “bain de forêt”, Shinrin pour forêt et Yoku pour bain. Cette pratique aussi nommée sylvothérapie consiste à s’immerger dans une forêt dans le but de pouvoir renouer avec ses cinq sens. Elle compte aujourd’hui plus de 5 millions de pratiquants, principalement des japonais. La sylvothérapie a de nombreux bienfaits, tels que diminuer la pression artérielle et le taux de cortisol (les hormones du stress). Pour un pays comme le japon où les pressions sociales et le stress sont un quotidien notamment chez les salaryman, les bains de forêt pourraient être une des solutions.

Pour aller plus loin vous pouvez lire le livre du Dr Qing Li intitulé “ Shinrin Yoku- L’art et la science du bain de forêt- Comment la forêt nous soigne” ainsi que l’article du « Vivre le Japon » qui retrace le contexte d’apparition de cette technique au Japon.

La musique japonaise par Simon / 日本の音楽 byシモン

La musique japonaise : Les défis de la J-pop

Avec un large marché local de consommateurs (population de 125 millions d’habitants) et des caractéristiques musicales distinctes, la J-pop n’a jamais cherché à s’étendre à d’autres continents dans le passé, se concentrant sur l’archipel et certains proches territoires (Taiwan, Hong-Kong et Singapore principalement). Mais la crise du Covid-19 qui a paralysé l’industrie, et la popularité offensive globale de la K-pop pourraient bien changer la donne. Focus ce mois-ci sur la J-pop, ses nouveaux défis et sa place sur l’échiquier musical mondial.

Koda Kumi, AKB48, Hoshino Gen, Arashi, Kyary Pamyu Pamyu

L’année 2020 fut éprouvante pour la musique japonaise comme partout dans le monde, avec l’annulation d’une grande partie des concerts et tournées prévus à cause de la situation sanitaire, provoquant de grandes difficultés pour les maisons de disque et leurs artistes (en témoigne la vente des locaux d’Avex Entertainment, et l’évolution du contrat que propose Johnny’s Entertainment pour ses idoles). Si des initiatives ont pu voir le jour avec succès (festival en ligne et sans audience notamment), ce n’est malheureusement pas suffisant pour sortir l’industrie musicale de la crise actuelle : perte de 19% de la valeur du marché au cours de la première moitié de 2020.

 Difficile de parler de J-pop sans évoquer le phénomène planétaire qu’est la K-pop, et pour cause : Si les relations entre le Japon et la Corée du Sud sont ponctuées par des instabilités politiques, la jeunesse japonaise elle est bien conquise par la Hallyu (vague sud-coréenne), les artistes sud-coréens rencontrant un très grand succès dans l’archipel. Il faut dire que tous les grands groupes sud-coréens ont une carrière en parallèle au Japon et maitrisent la langue japonaise, la clé pour accéder à cet énorme marché musical. En 2020, on estime les bénéfices du groupe BTS à plus de 10 milliards de yens rien qu’au Japon (tournées, CDs & DVDs, source : Oricon Music). Certains groupes n’hésitent pas à inclure des membres japonais pour faciliter l’accès à ce marché et attirer son public (comme TWICE ou IZ*ONE, voir la sélection musicale du mois)

Face à ces nouveaux défis, la J-pop est prête à s’exporter à l’international pour trouver un nouveau souffle. Si elle ne peut plus compter sur les Jeux Olympiques 2020 de Tokyo pour lui servir de vitrine mondiale, elle peut toujours s’appuyer sur des partenariats stratégiques, comme la collaboration annoncée récemment entre AEG Presents (2ème organisateur de concerts au monde avec Coachella entre autres) et Avex Entertainment (l’une des maisons de disques majeures au Japon) pour la création d’une nouvelle entité AEGX qui servira de tremplin aux artistes japonais pour se produire plus facilement dans le monde.

Ces dernières années ont également vu des tentatives de percée d’artistes japonais sur le marché occidental, comme pour Arashi (documentaire sur Netflix, collaboration avec Bruno Mars, paroles en anglais pour leur single Whenever You Call) ou encore pour des tournées mondiales (Perfume ou Babymetal).

Ajouté à cela la présence de plus en plus marquée de ces artistes sur les réseaux sociaux (chaine YouTube, Instagram, Twitter), le futur de la J-pop semble bien parti pour se frayer un chemin dans le contexte de la mondialisation, la musique japonaise n’ayant jamais été aussi accessible au grand public qu’aujourd’hui. Le meilleur reste à venir…

 Des liens pour continuer votre lecture sur le sujet : [1] [2] [3]

La sélection musicale du mois par Simon / シモンのおすすめ音楽

IZ*ONE

Parfait exemple d’un nouveau partenariat entre la Corée du Sud et le Japon (J-K-pop ?).

Composé des 12 gagnantes du programme Produce48 (collaboration entre l’émission de télé-réalité sud-coréenne Produce101 et du méga-groupe japonais d’idoles AKB48), dont 9 sud-coréennes et 3 japonaises, ce groupe éphémère et bilingue a rencontré un grand succès dès ses débuts en 2018 en Corée du Sud avec le titre La Vie en Rose, ainsi qu’au Japon en 2019 avec Suki To Iwatesai (好きと言わせたい), mêlant un concept élégant avec des chorégraphies synchronisées au détail.
Site officiel / Page Wikipédia / Page Youtube

Sélection du mois : IZ*ONE – Secret Story of the Swan (Japanese Ver.)
Autres recommandations / titres pour ce groupe : La Vie en Rose, Panorama, FIESTA

Vous aimez la musique japonaise. Partagez votre playlist avec les lecteurs de la newsletter (contact: redaction@bretagne-japon.fr)

L’univers du manga selon Jean Félix / ジャンフェリックスが見るマンガの世界

Japan International Manga Award

Lancement de la 15e édition du Prix International du Manga organisé par le Ministère des Affaires Étrangères japonais.
Les inscriptions sont ouvertes du 7 avril au 8 juillet 2021
Toutes les informations sont ici.

À vos crayons

Vous ne vous sentez pas encore de taille pour participer au « Japan International Manga Award », alors Bretagne-Japon vous offre la possibilité de faire découvrir vos créations (robots, héros humains,…). Vous les faites parvenir à redaction@bretagne-japon.fr. Nous les publierons (anonymement si vous le souhaitez) dans les prochains numéros de la lettre. Et qui sait ? Peut-être une récompense pour le meilleur dessin (selon la subjectivité de la rédaction).

Le manga animé 

Roi de la bricole et de la récup, magicien, véritable Géo Trouvetou, Shinrashige est un artiste japonais talentueux passionné par les mangas et l’animation. Ses personnages, qu’ils soient empruntés ou inédits, s’illustrent sur des mediums originaux (gobelets papier, montages carton,…).

C’est un véritable plaisir de parcourir ses créations toutes plus originales les unes que les autres. À découvrir ici, et encore .

Sale temps pour les acteurs du manga et de l’anime

Le réalisateur Osamu Kobayashi est décédé le 17 Avril 2021 à 57 ans à la suite d’un cancer du rein. Kobayashi est principalement connu pour être le réalisateur des animes « BECK » (Thème : Musique)  et « Paradise Kiss « (Thème : Mode). Il a également réalisé des épisodes individuels de « Gurren Lagann »  (Thème : Mechas, Post Apocalyptique). Il est surtout connu pour avoir réalisé L’arc de l’enfance “ Boyhood ” dans « Naruto shipuden » épisode 480 à 483 (Thème : Ninja, Art-Martiaux, Combats, Guerre, Vengeance).

Un des magaka de dark fantazy les plus connus est décédé le 6 mai 2021, le mangaka Kentaro Miura auteur du célèbre manga Berserk est mort laissant son œuvre phare inachevée. Son décès a été annoncé officiellement ce jeudi 20 mai. Plus de 30 ans après la parution du premier chapitre, le manga Berserk continue d’émouvoir et d’extasier les fans, moi y compris, à chaque nouveau chapitre.

Un avant-goût de l’anime de ce manga https://www.youtube.com/watch?v=n55QVlBoDxI
Sur Youtube, vous trouverez de très nombreuses vidéo célébrant cet artiste.

Chapitre 139 : Le manga « L’Attaque des titans » tire sa référence

« L’Attaque des Titans » écrit et illustré par le mangaka Hajime Isayama, 139 chapitres au compteur, s’est terminé en avril 2021. Le dernier tome, N° 34, sortira au Japon le 9 juin 2021. La sortie en France se déroule généralement entre 2 et 6 mois après la sortie japonaise mais n’a pas encore été dévoilée.

« L’Attaque Des Titans » a tous les codes du succès : Il y a environ cent ans, les Titans (entre 3 et 15 mètres de hauteur) ont presque entièrement exterminé l’humanité. Dans un monde au bord de l’extinction, les humains se sont retranchés dans des villes (aux allures du XIXè siècle) protégés par d’immenses murailles. Trois gigantesques murs de 50m de haut protègent le reste de l’humanité regroupée au sein de 12 districts.

Un jour un Titan colossal (60m) fracasse la porte du district de Shiganshina, suivi de suite par une attaque de titans dans la ville. Orphelin, Eren Jäger, se jure de venger la mort de sa mère et de réduire à néant tous les Titans. Il décide alors d’intégrer l’armée, le bataillon d’exploration afin de combattre et de délivrer l’humanité de cet ennemi. Le leitmotiv du héros est « J’exterminerai les titans, jusqu’au dernier ». Qui sont ces titans ? Pourquoi s’en prennent-ils aux humains ? Au fil du manga, Eren, va découvrir le terrible secret qui se cache derrière les attaques de ces créatures cannibales.

« L’Attaque des titans », en japonais « Shingeki No Kyojin » (SNK), est publiée depuis septembre 2009 dans la revue mensuelle Bessatsu Shonen Magazine. « SNK » est dès la sortie de son premier tome un carton. Le manga s’impose rapidement en tête du classement des mangas les plus lus et les plus vendus. C’est l’un des seuls à rivaliser avec « One Piece » dès 2010. « SNK », c’est plus de 100 millions de volumes vendus dans le monde dont 4,5 millions en France. Lorsque l’anime sort en 2013, quatre ans après le lancement du manga, le succès se transforme en phénomène.

L’animation « SNK » est tout simplement exceptionnelle graphiquement et scénaristiquement. Fan d’animes, cette animation est l’une de mes préférées. Chaque visionnage du premier épisode me contraint à en voir d’avantage, 10 épisodes ça passe vite même quand on les connait par cœur. Vous êtes prévenus, vous serez happés dès le premier épisode. La qualité de l’animation, des scènes d’action et des combats sont à couper le souffle, couplés avec une 

ambiance sonore rythmée et haletante qui font le succès de cet anime. https://www.youtube.com/watch?v=_EijhJqazsI .
Le dernier épisode en titre de la saison 4, l’épisode 75, correspond au chapitre 119 du manga, la deuxième partie de la saison 4 et dernière partie de l’animation devrait être disponible au printemps 2022.
Les doubleurs japonais, les Seiyū participent aussi au succès de l’anime « SNK », des « Seiyū (声優) » très connus dans le domaine du doublage comme Hiroshi Kamiya qui prête sa voix à Livaï, Yūki Kaji qui interprète le rôle d’Eren Jaegger, Saki Fujita, Shiori Miami et biens d’autres seiju qui interprètent les autres personnages principaux de l’anime. https://www.youtube.com/watch?v=CPXjBj5_ffA

Le compositeur de la bande son Sawano Hiroyuki (澤野 弘之), est lui aussi très connu. Il est principalement connu pour son travail concernant les animes (« Blue exorciste », « Seven Deadly Sins », « Seraph of the end », etc.), les séries asiatiques nommées « Drama » (« Prisoner », « CRISIS », etc.), les films (« Higanjima, l’île des vampires », etc.) et les jeux vidéo. Il a par exemple composé la musique de la cinématique « L’ombre et la lumière » du célèbre jeu « League Of Legend » https://www.youtube.com/watch?v=wkihKQ7Exvo.

La musique du générique de « SNK » est composée et interprétée par le groupe Linked Horizon. L’ampleur de « SNK » a emmené ce groupe à faire des tournées nationales et internationales.
https://www.youtube.com/watch?v=O8vcdBGLV1E

Au vu de l’ampleur du phénomène de « L’Attaque des Titans » au Japon et dans le monde, la société de production Universal Studios Japan a lancé le parc d’attraction « L’Attaque des Titans – The Real » en 2015 totalement dédié à l’univers de ce manga. On y retrouve par exemple des statues grandeur nature de Titans ou encore des attractions en réalité virtuelle.

Des statues sont aussi érigées en l’honneur des personnages de « SNK » au sud du Japon ; dans la préfecture d’Oita, des statues en bronze grandeur nature d’Eren, de Mikasa et d’Armin sont installées au pied du barrage d’Oyama depuis novembre 2020. Les protagonistes ont le regard tourné en direction du barrage hydraulique, dont la hauteur est d’environ 60 mètres, ce qui fait écho au mur du district où vivent ces protagonistes. Une statue de Livai vient de les rejoindre en mars 2021.
Les fans vont encore plus loin en détournant le manga et l’anime : avec le manga parodique « Shingeki! Kyojin Chuugakkou », ou encore sur Pinterest avec des montages

de nos héros dans d’autres univers ou dans la vie quotidienne. La musique est également source de détournement, un internaute recrée le générique de « SNK » avec des calculettes
https://www.youtube.com/watch?v=vi7lRsBUha0.
Le monde du cosplay s’est aussi pleinement emparé de « SNK ». Il est possible de rencontrer un cosplay de « SNK » lors des conventions (Japan expo, Comicon, etc.). Les personnages qui font l’objet de nombreux cosplays sont Livaï, Eren Mikasa, Armin, et les titans spécifiques ou féminins. Il existe même des tutoriels pour fabriquer son équipement « SNK » ou pour reproduire le maquillage de certains titans https://www.youtube.com/watch?v=7C6WjDK6xmw.
Enfin, le groupe de danseurs « Kaotsun’s Cover Dance Crew » s’est saisi du phénomène et a créé des chorégraphies inspirées de l’univers « SNK » en étant costumé mais sur des musiques différentes de l’univers « SNK ». Comme cette vidéo sur la musique « Not today » du groupe de Boys Band « BTS » https://www.youtube.com/watch?v=_86S-wlJgDE

Le manga du mois /今月のマンガ, présenté par notre partenaire, JAPANIM Rennes

SIDOOH, de TAKAHASHI Tsutomu, chez Panini
Série terminée en 25 volumes au Japon, 7.99€ le volume.
La série avait fait l’objet d’une première édition en France, entre 2007 et 2014, stoppée au bout de 14 volumes. Panini lance une réédition cette année à bon rythme, avec déjà le tome 6 sortant le 12/05.
Un seinen à partir de 14 ans.

Résumé :
1858, fin de l’ère Edo, dans les dernières années de sa politique isolationniste, le Japon est secoué par les catastrophes naturelles, une épidémie de choléra sans remède connu, et de terribles tensions politiques et sociales. Deux jeunes garçons, orphelins et sans ressource, doivent trouver leur voie au milieu du chaos et de la violence, avec cette certitude : il faut être fort pour survivre. Le sabre sera leur guide, mais ils ne pourront s’appuyer que sur leur volonté.
L’avis de Benjamin (Japanim Rennes) :
Le trait inimitable de Takahashi fait des merveilles pour dépeindre une ambiance sombre, poisseuse, dans laquelle évoluent des personnages dangereusement ambigus. Peu à peu 

se révèle en toile de fond l’une des périodes les plus importantes de l’histoire du Japon. La grande force du titre est de nous montrer l’évolution parallèle des deux frères en une fresque brutale et sans concession. Survivre est l’objectif qui transpire de chaque page, survivre et s’endurcir.

Le coin des cinéphiles par Bernard / シネフィリアbyベルナール

Hiroshima de Hideo Sekigawa

Le 28 avril, est sortie en DVD et Blu-ray, une œuvre rare, censurée à sa sortie en 1953 par l’occupant américain victorieux et restée invisible depuis. On en connaissait juste quelques séquences qu’Alain Resnais avait intégrées dans Hiroshima mon amour (1959).
Produit de manière indépendante par le syndicat des enseignants japonais, ce film de Hideo Sekigawa raconte la tragédie de la bombe atomique en deux temps. Il débute quelques années seulement après l’explosion dans une classe où un enseignant évoque ce qui a eu lieu, en constatant auprès de ses élèves eux-mêmes les séquelles terribles,      

tant physiques que psychiques, provoquées par l’explosion. Et puis, sans prévenir, on retourne dans le passé. Nous voilà ce jour J du 6 août 1945. Le pays est en guerre, la vie continue pourtant, les habitants travaillent, les enfants vont à l’école, les militaires défilent avec vigueur. Au détour d’une rue, une passante entend un bruit, lève la tête « C’est curieux, ce bombardier, il n’y a pas eu d’alerte »…
À commander chez Carlotta Films.
DVD – Blu-ray
1953 – N&B – 104 mn
Prix : 20€

Blue Perfect : sortie en Blu-ray et DVD

Le 6 avril est sorti en DVD et Blu-ray (Edition Collector) ce grand classique de l’animation japonaise. Réalisé par Satoshi Kon,  grand maître de l’animation japonaise décédé en 2010, ce titre est toujours très actuel à l’heure de #Metoo.
Mima a 21 ans, elle est idole et fait partie des CHAM, girl band en pleine ascension. Mais Mima fait sensation quand elle annonce vouloir se reconvertir vers une carrière d’artiste, épaulée par ses deux agents, Tadokoro et Rumi. Dès son premier tournage commencé, un tournage qui promet de ternir l’image innocente de l’ancienne idol, des faits de plus en

plus inquiétants et macabres se produisent : un fan harceleur qui étale la vie de Mima dans ses moindres détails sur Internet, des accidents, des menaces et enfin des meurtres. Quand la fiction s’entremêle à la réalité et les hallucinations interfèrent avec la vie, rien n’est plus ce qu’il semble…
À commander chez Hanabi.
DVD – Blu-ray (Edition Collector)
Prix : 30€

La saga du saké / 酒の真相 (Épisode 2)

Ce mois-ci : les origines du saké.

Cette boisson est intimement liée au développement de la culture du riz et aux pratiques Shintoïstes. Les plus anciennes traces de saké remontent à plus de 2000 ans. Les premiers sakés étaient initiés en mâchant puis en recrachant du riz dans des jarres (les enzymes salivaires transformant l’amidon en sucre), la fermentation se déclenchait naturellement. Le riz, alliance de la terre et de l’eau, se transformait ainsi en une boisson sacrée dont le partage connectait le monde des humains avec celui des kami. L’alcool, bu lors des cérémonies funéraires, était essentiellement fabriqué par la cour impériale et par

les moines shintoïstes. 
L’élaboration du saké a évolué de manière empirique au fil des ans, le principal apport étant l’utilisation du kôji-kin (champignon microscopique activant le processus de fermentation).
C’est vers les XIème  et XIIème siècles que la méthode actuelle voit le jour dans les temples et sanctuaires.
Autrefois réservé à la cour impériale et aux rites religieux, il s’est démocratisé pour atteindre toutes les couches de la population et devenir la boisson nationale. Il reste très ancré dans les rites shintô comme ceux du quotidien (nouvel an, festivals, …) et notamment  les mariages où l’union est symbolisée par l’échange de 3 fois 3 coupes de saké (san san kudo).

Les rendez-vous du mois 今月のイチオシ

Le site du mois proposé par Anne-Laurence / 今月のアンヌ-ローランスおすすめサイト

Pour inaugurer cette nouvelle rubrique, je vous emmène… « À la campagne au Japon » !
Il s’agit du blog d’un français, marié à une japonaise, qui vit depuis 2012 à la campagne, après 10 ans passés à Tokyo. Il est installé dans un hameau de 15 maisons dans la région d’Himeji. Il est bien évidemment le seul étranger, et son arrivée a été un événement ! Il nous fait partager son quotidien, ses rencontres, les fêtes qui rythment la vie du village…
Une très belle occasion de découvrir une autre facette du Japon.
À retrouver ici
Pour les étudiants en japonais, il ne vous aura pas échappé que 田舎 (inaka) signifie « la campagne » en Japonais 😉

L’expression du mois 今月の表現

猫の手も借りたい« Neko no te me karitai

Pour exprimer le fait que l’on est totalement débordé et qu’on accepterait même l’aide « de la patte du chat ». Le chat est considéré dans la culture japonaise comme un  paresseux plus reconnu pour sa prédisposition à se prélasser tout au long de la journée

que pour son acharnement au travail. En venir à demander main forte au chat prouve à quel point l’on croule sous le travail.
La formule complète est « neko no te mo karitai kurai isogashii ».

Le livre du mois 今月の本 proposé par Anne-Laurence

Comme Anne Laurence, vous avez un livre à conseiller (polar, roman, historique, biographie,…), faites le découvrir aux lecteurs de la lettre. Nous nous ferons un plaisir de l’insérer dans la rubrique.

 « La Pierre et le Sabre » d’Eiji Yoshikawa

« Je ne sais pas vous, mais moi j’adore les histoires de samouraï. Et en la matière, La Pierre et le Sabre est le grand classique du genre, écrit dans les années 1930. Adapté en film, série et manga, il raconte la vie du célèbre samouraï Miyamoto Musashi, personnage historique devenu héros légendaire.
Histoire de cape et d’épée, d’amour et d’aventures, « La pierre et le sabre » apporte aussi un vrai témoignage sur la vie quotidienne au Japon au XVIIe siècle, et les passionnés de culture japonaise y trouveront leur compte : voies du sabre, du thé et de la calligraphie, moines, nobles et paysans… on est littéralement transporté. »
Et bonne nouvelle : il a une suite, tout aussi passionnante : « La parfaite lumière ».
Tous les deux sont disponibles en format poche.

Le kanji du mois 今月の漢字, proposé par Hélène

L’ume pousse sur un arbre appelé « abricotier du Japon » et bien qu’on traduise ce mot par « prune » en français, l’ume ressemble plus à un abricot. Le fruit arrive à maturité au mois de juin (de couleur verte, il se ressemble aux prunes Reine Claude) et sa récolte se poursuit en été. Le fruit ne se consomme pas cru ; il sert de base à de nombreuses spécialités comme l’umeboshi (prune salée servant de condiment) ou encore l’umeshu (liqueur de prune délicieusement sucrée). Le kanji est également utilisé pour qualifier la saison des pluies (梅雨 tsuyu) qui a elle aussi lieu au mois de juin.

En cadeau : la flashcard (recto-verso) du kanji du mois créée par Hélène sur le modèle de son jeu de cartes pédagogique et ludique pour apprendre les kanji. À retrouver en cliquant ci-contre.

Le Yokai du mois 今月の妖怪

Akaname (垢嘗 « lèche-crasse »), le monstre des salles de bain
L’akaname est un petit yōkai ressemblant à un gobelin qui n’habite que les maisons et les bains publics les plus sales afin de se nourrir de la saleté laissée par les humains. Il a la taille d’un enfant ou d’un petit adulte. Doté de cheveux gras et visqueux sur le dessus de sa tête, son corps est nu et sa peau est grasse comme ses cheveux.
L’akaname existe en plusieurs couleurs et variétés, allant d’un vert marbré foncé rappelant la moisissure à la couleur rose vif des escarres. Il peut avoir soit un œil ou deux, et de un à cinq doigts et orteils. Tous les akanames ont une langue extrêmement longue et collante avec laquelle ils lavent la boue, la graisse, les cheveux et autres saletés trouvés dans les salles de bain et derrière les toilettes.
Alors, à vos éponges, brosses et balayettes !

Les petits plus その他の情報

Le cadeau aux lecteurs 読者への贈り物

Messieurs, êtes-vous sel ou soja ? Les critères de la beauté masculine au Japon.
C’est à voir ici.

Les petites annonces /広告掲示板

À vendre Tôkyô-Koto très bon état

Pour cause déménagement, je vends un Tôkyô-Koto (acoustique), ainsi que ses accessoires ayant été très peu utilisés. Le Koto a été fabriqué à Tôkyô avec des matières 100% naturelles. La coque est en Kiri (Paulownia tomentosa, bois le plus léger que l’on puisse trouver au Japon), et les cordes en soie.
– Longueur : 182cm
– Poids : 7 kg
– Prix : 500€

Sont également fournis : 14 manuels (en japonais), 1 pupitre, 2 pieds, 9 onglets, 28 piliers et 1 accordeur.
Contact : malikooka@gmail.com
Plus d’info sur le Tôkyô-Koto, c’est ici.

Focus sur  le «kamishibaï » / 【紙芝居】について

«Le KAMISHIBAÏ, un art populaire qui dévoile les ruses des images et des écrans!» par Philippe Robert
(Les illustrations ci-dessous sont issues des créations de Philippe.)

Pour raconter ses histoires, le conteur ouvre un castelet, d’où il retire un à un des dessins… C’est le kami-shibaï (紙papier-芝居pièce de théâtre), un art populaire japonais centenaire, ancêtre du manga, que j’appelle la bd animée ou le ciné dessiné, voire l’écran vivant; un art nécessaire car – tout en faisant rêver – il révèle comment l’image et le son (des écrans) rusent pour capturer notre attention…

Une invention liée à l’histoire du Japon

Dès le VIIIe siècle, des bonzes prêcheurs convertissent les paysans illettrés avec des histoires religieuses et des contes en images, puis au XIIe siècle avec des rouleaux de papiers dessinés (e-makimono). Au XIXe, sous l’ère Edo, un certain Shin-san crée des dessins pour enfants sur des bâtons biface pour jouer des histoires aux fêtes des temples shinto; mais les yakuzas exigeant de payer un permis, il part les jouer dans les rues, à vélo! L’attraction devenue rentable en vendant des friandises au public du 1er   

rang, des entreprises impriment alors des récits-dessinés et louent des vélos aux conteurs.

Nul ne sait qui inventa le principe du cadre appelé butaï, mais en 1920 naît le 1er kamishibaï pour enfant: La Chauve-souris d’or de I. Suzuki et T. Komatsu. Le séisme de Tokyo et la crise de 1929 profitent au kamishibaï – seul loisir – dont s’emparent les chômeurs pour vendre bonbons et gâteaux. Il attire aussi les bonimenteurs de rues (benshis), recrutés de 1908 à 1920 pour commenter les films muets, et appréciés pour leur liberté, leurs apartés décalées et leurs pauses «pub»!

Devenus professionnels, ces comédiens-conteurs sont, soit à côté du cadre fixé sur le porte-bagage du vélo où ils réinventent les histoires en jouant avec le public (Ôsaka), soit ils restent derrière le castelet, tel un comédien de doublage (Tôkyô), parfois s’accompagnant d’instruments ou de musiciens.

1930-50, c’est son ÂGE D’OR: 1937 compte trois millions de conteurs. Le programme type? Histoire drôle, puis mélo avec héroïnes (Shojo) et aventure pour garçons (Shonen). Des récits; traditionnels (Momotaro) ou inspirés de C. Dickens, J. Verne, Disney, de comics (Tiger Boy), de S.F. ( Golden Bat 1931); et déjà, des séries, de l’horreur (Yamishibaï) et des journaux parlés du soir (propagande pour les adultes). Petits chefs-d’œuvre, faits d’originaux peints à la main, ils mixent divers styles; comics, art pictural nippon, peintures occidentales.

1939-1945. C’est une distraction de masse bon marché, mais peu lucrative dans les quartiers bombardés. Le journal parlé du 03/11/1946 annoncera la Nouvelle Constitution nippone et l’arrivée du mot demokurashi.

Populaire mais tenu à l’œil, car subversif, il est souvent censuré (il influence les enfants), mais les autorités s’en serviront ensuite! Le Général Mac Arthur interdit les récits d’arts martiaux remplacés par le basket, les comics et la S.F. Dans les années 50, 50 000 conteurs n’effaceront pas un mépris lié à la propagande, à la pauvreté subies et aux sucreries nocives. Pédagogie, histoire, science, paix et sexe sauront le renouveler, jusqu’aux années 60 où la télé, surnommée le kamishibaï électrique, l’éclipsera.

Ses artistes deviendront écrivains ou mangaka. Aujourd’hui, il perdure en crèche, à l’école, près des temples et des étudiants s’en servent comme power-point pour leurs exposés. L’association AKAJA qui participe à des forums dans le monde, veille à son utilisation pacifique. Il existe des clubs amateurs, un festival à Osaka. De rares artistes le renouvellent: Par des dessins s’envolant d’un pupitre (Star Wars bunraku), les pages tournantes de grands cahiers à spirale (AC-bu), ou avec une tablette (incrustée dans le castelet) où défilent dessins et photos!

Depuis 1970, pédagogues et artistes s’en emparent dans le monde
Des écoles l’utilisent en travail de groupe, pour créer des récits; imaginés, écrits, dessinés, séquencés, cadrés, lus, contés, joués, chantés et bruités! Des éditeurs en publient en Europe, USA, Chili, Australie…
En France dès l’an 2000, des bibliothécaires en lisent aux enfants et depuis, une vingtaine d’artistes l’utilisent en spectacle. Naissent, en 2017 le blog-agenda kamishibaï-promotion, un 1er festival à la Maison de la Culture du Japon à Paris, et en 2019 une 1ère expo au festival de marionnettes de Charleville-Mézière.

Des festivals se créent en Australie, Mexique, Lituanie, Slovénie (où je suis invité cet été). En 2020, au 1er World Kamishibaï Forum conçu à San Diego/USA, des praticiens du Japon et d’Amérique centrale ont montrent leurs travaux via des webinaires (J’ai le plaisir d’être convié à y participer en 2021-22).

Depuis 2016, je dynamise le kamishibaï pour un public de tout âge
Pour ouvrir cet art aux adolescents et aux adultes, je fluidifie le rythme pour que les récits soient vivants comme un animé. Ado, dessinateur de BD, formé aux arts plastiques puis au théâtre, je crée et joue pour cet écran vivant, des récits d’émancipations et de sagesses du monde, en surprenant par des jeux de voix, astuces visuelles et chants du monde.

Rudimentaire en apparence, ce trésor sous-estimé, sait faire beaucoup avec peu, en sollicitant l’imagination du public. Economique, écologique et tout-terrain, il est indispensable à notre époque, car il dévoile à vue, les codes de manipulation des écrans; le montage, les cadrages, le son…
Je l’ouvre, à d’autres formes d’écritures par-delà les contes (récit de voyage ou 

historique, nouvelle, témoignage, reportage, interview, chanson, poème), à des valeurs et graphismes d‘autres cultures, ou par le mouvement et la métamorphose, à des surprises poétiques et humoristiques entre les dessins.

Mon répertoire (15 récits de 15 à 35 dessins) a été joué 140 fois; en France, en médiathèques, écoles, théâtres, festivals (de BD, littérature jeunesse, Asie, Japon) ou chez l’habitant, et pour les Instituts Français du Sénégal ou du Maroc (Agadir, Marrakech, Rabat).

J’ai pu réaliser ces spectacles grâce aux commandes du festival CourtMétrange de Rennes en 2016 (Sortilèges; contes, nouvelles et poésie), du Festival de Jazz de l’Institut Français d’Agadir en 2018 (Jazz & Ruses; deux histoires du jazz et trois contes d’Asie «enjazzés») et de l’association Rennes-Sendaï en 2020 (Le Dragon Borgne, où la vie du seigneur Date Masamune).

En préparation: Un conte nippon en bilingue simultané, La Bohème chanson d’Aznavour avec des toiles de Picasso, un récit de voyage au Mali d’une amie…

Dessins, résumés et prochaines dates sont sur le site: https://site442052-1190-4892.mystrikingly.com/

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